« C’est toujours l’impatience de gagner qui fait perdre. » – Louis XIV
Comme mes proches peuvent le confirmer, j’ai l’habitude de dire “C’est qui Patience? Ça doit être la sœur de Parcimonie, car j’en ai entendu parler des deux, mais je n’ai pas eu le plaisir de les rencontrer.” 🙂

Les deux animaux en nous
À l’intérieur de chacun de nous, nous nourrissons deux « animaux », qui représentent nos deux façons d’envisager nos actions :
- l’Agitateur: perdu dans ses actions incessantes, il garde le nez dans le guidon et s’efforce de pédaler sans même avoir conscience ni de la direction, ni de la destination, ni même de la raison qui l’anime
- le Rêveur: perdu dans ses songes, il vit dans le futur, motivé par des choses magnifiques qui malheureusement n’existent pas dans notre réalité
Hélas, c’est un peu déprimant de savoir que ces deux moteurs sont les seuls que la nature ait mis à notre disposition pour nous guider. Comment arriver à fonctionner normalement avec ces deux « déséquilibrés » au fond de nous, qui nous tiraillement pour assouvir chacun ses besoins ?
Et pourtant, à regarder autour de nous, des fois un peu plus loin que les personnes que nous côtoyons tous les jours, nous voyons des gens qui arrivent à fonctionner. Ils paraissent « équilibrés », comme si les deux « animaux » avaient trouvé une façon harmonieuse de se mettre d’accord entre eux. Mais comment font-ils, ces gens qui semblent capables de réaliser tout ce qu’ils veulent, alors que la grande majorité semble enfermée dans une roue de hamster ?
La recherche de la vérité de soi et du bonheur
Les deux « animaux » correspondent à deux besoins fondamentaux que tout être humain a tout au long de sa vie :
- la recherche du bonheur : atteindre un état de satisfaction, de joie et de bien-être
- la recherche de la vérité (de soi) : comprendre et à accepter sa véritable nature, ses valeurs, ses croyances, ses émotions et ses aspirations profondes.
L’Agitateur seul sans le Rêveur est perdu dans une nuit sombre, à essayer d’aller dans toutes les directions, mais sans être capable de mesurer ni son avancée, ni de savoir maintenir sa direction. Il cherche le bonheur, désespéré de ne pas le trouver, et de plus en plus frustré et aigri. Il ne sait pas que “Le bonheur ne se cherche pas : on le rencontre. Il n’est que de savoir le reconnaître et de pouvoir l’accueillir.” – Bernard Grasset
Le Rêveur sans l’Agitateur est endormi et vit dans un monde lumineux et apaisant. Mais de temps en temps la réalité arrive à transpercer le voile de son rêve, et lui montre une image cauchemardesque de la souffrance qui l’entoure. Le Rêveur « seul » s’empresse d’oublier ces images en retournant à son rêve, tout en ayant une peur primaire de ce qui arrivera quand la réalité le « rattrapera » finalement. La technique de l’autruche portée à l’état d’art. “Vivre, c’est agir. ” disait Anatole France. Notre Rêveur n’adhère pas à ce concept.
Change la position de tes voiles 1000 fois dans la journée sans garder un cap, et t’auras tourné en rond. Prends une allure et maintient là, tu avanceras d’une façon ou d’une autre vers ta vision :
- si l’allure était adaptée, tu serais plus proche de ton objectif,
- dans le cas contraire, tu auras compris ce qui ne t’approche pas de ta vision, à éviter à l’avenir
Comme résumait brillamment Nelson Mandela, “Dans la vie, soit je gagne, soit j’apprends”.
Trouver l’équilibre entre le Rêveur et l’Agitateur
Nos deux « handicapés » de la vie sont pourtant les seuls à pouvoir transformer la nôtre, en apprenant à « danser » ensemble !
Le Rêveur peut se transformer en boussole et loch (pour mesurer la distance parcourue), devenant un Visionnaire, en définissant une VISION qui nous inspire.
L’Agitateur peut devenir un Actionneur, un créateur de Réalités, qui met son énergie pour aller dans le sens de la VISION.
Il nous appartient de devenir petit à petit le chef d’orchestre de ces deux facettes de notre personnalité, et de les faire jouer l’opéra de notre vie.
L’Actionneur n’est plus perdu dans le noir avec le Visionnaire qui est la lumière au bout du couloir, un phare qui le guide, qui lui donne un sens, une direction et un moyen de mesurer ses avancements.
Et le Visionnaire ne vit plus dans la peur du cauchemar qui peut surgir dans son rêve, car il voit l’Actionneur avancer vers sa Vision, doucement et/mais surement.
Viktor Frankl, psychiatre né à 1905 à Vienne et survivant des camps de concentration de la 2ᵉ guerre mondiale, nous invite à mettre au cœur de nos vies la question du sens :
- « Au lieu de se demander si la vie avait un sens, il fallait s’imaginer que c’était la vie qui nous questionnait – journellement et à toute heure. Nous devions répondre non par des mots et des méditations, mais par de bonnes actions, une bonne conduite. Notre responsabilité dans la vie consiste à trouver les bonnes réponses aux problèmes qu’elle nous pose et à nous acquitter honnêtement des tâches qu’elle nous assigne. »
Ce que la VISION offre d’inestimable est le pouvoir de prendre des décisions correctes, qui ne répondent pas aux besoins court-terme, mais à l’accomplissement personnel de nos vies.
Le voilier de votre vie a maintenant une boussole, un cap et une vitesse vers la VISION. “Un peu, mais tous les jours” représente la recette secrète de tous les succès.
Et vous, comment équilibrez-vous vos besoins à court terme avec votre quête de vérité et de bonheur à long terme ? Quelles actions concrètes mettez-vous en place pour faire danser ensemble votre Rêveur et votre Actionneur intérieurs ?
